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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 13:06

Traduit dans la majeure partie des langues du monde, Tintin ne s'était pas encore exprimé en albanais. C'est chose faite grâce à la petite maison d'édition Bénart qui présentera Skeptri i Otocaritlors du Salon du livre de Tirana du 12 au 16 novembre.

Skeptri Otocarit leger


« Djallo dreq me brirë !» (Par les cornes du Diable !) peut désormais s'exclamer le plus célèbre des journalistes belges à houppette. La petite maison d'édition française Bénart, dont c'est la première publication, a acheté les droits de l'album Le sceptre d'Ottokar à Casterman. Arben Selimi, son fondateur, souhaite mieux faire connaître un genre très peu diffusé en Albanie, la BD, dont le meilleur ambassadeur ne pouvait être que Tintin, a fortiori lorsqu'il se promène dans les Balkans...

 

 C'est le cas dans cet album où les paysages et l'histoire semblent inspirés de la péninsule balkanique. « Le personnage de Muskar XII  rappelle le roi Zog 1er qui régna en Albanie de 1928 à 1939 », selon Arben Selimi, qui est aussi l'auteur de cette traduction, en binôme avec Évelyne Noygues. Quant au dictateur Müsstler, à la tête de sa Garde d'acier, l'identité de ses modèles ne fait pas grand secret.   

 

 Rappelons que Tintin dans ce 8ème album, paru dans le Petit vingtième entre août 1938 et 1939, se rend en Syldavie, pays imaginaire dont le drapeau est inspiré du drapeau albanais, si ce n'est que l'aigle bicéphale est remplacé par un pélican et que le fond rouge est devenu jaune. La Syldavie, alors sous la menace d'une annexion par la Bordurie, sera sauvée in extremis de ce coup d'État fasciste par l'intervention du vaillant reporter. Celui-ci ne se laissera pas détourner de son aventure par sa rencontre avec l'envahissante Bianca Castafiore qui y apparaît pour la première fois. Tintin retournera plus tard en Syldavie dans Objectif Lune et On a marché sur la lune

 

« Nous sommes convaincus que non seulement l'accueil de la part des lecteurs sera bon, mais aussi et surtout que cela ouvrira le chemin à d'autres projets éditoriaux de ce type », s'enthousiasme Évelyne Noygues dont le blog Albania rassemble d'innombrables informations sur la culture albanaise. Elle rappelle que contrairement au Kosovo voisin (ex-Yousgoslavie) où « sous Tito, tous les enfants lisaient Tarzan, les Albanais, eux, n'ont pas connu les bulles ». L'absence de culture bédéphile a bien sûr influé sur les choix de traduction. Le marché de la BD est encore aujourd'hui très réduit.

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Published by LinguaSpirit
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