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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 14:06

 

1) Apprécier le style ; s’affranchir des contraintes.

D’une langue à l’autre, les concepts ne se recouvrent jamais tout à fait, ce qui suffit à faire de la traduction, à l’échelle de chaque mot, une tâche difficile. Par exemple, le mot " pain " en français n’est pas un équivalent exact, mais approximatif du mot chleb en tchèque. Il est pourtant le plus proche, et, dans la plupart des cas, sera approprié pour le traduire (chleb désigne le même aliment, mais n’englobe pas le pain blanc, pourtant le plus répandu en France). En somme, les dictionnaires, bien qu’ils soient des outils indispensables, ne servent jamais que de source d’inspiration.

A l’échelle de la phrase, le casse-tête se complique encore. Si l’on enlève le fait qu’il faille trouver des équivalents pour chaque élément qui la compose, il s’agit de restituer son rythme général, son souffle, sa respiration, ses teintes et ses sonorités : son style. Donc si traduire, c’est donner à lire une œuvre dans une autre langue, il devient nécessaire de reproduire ce style, non à l’identique, mais de les transposer.

 

2) Les temps

On trouve chez bon nombre d’auteurs, des tournures qui interdisent, purement et simplement, l’emploi du passé simple ou de certaines formes lexicales trop soutenues.

Enfin, le problème du choix entre passé composé et passé simple est sans doute le plus épineux qui soit. De plus, la valeur de ces deux temps en français n’est pas exactement la même. On pourrait dire du passé composé qu’il est un temps paradoxal, puisqu’il est lié au présent par l’actualité même du résultat de l’action qu’il évoque (tandis que l’imparfait est détaché du présent par l’ancienneté du processus qu’il décrit). Il n’est pas du même registre que le passé simple, puisque ce dernier a entièrement disparu de l’usage oral, et son utilisation abondante, entre autres, dans la littérature existentialiste, lui donne une autre couleur qu’au passé simple. Mais surtout, le passé simple et l’imparfait évoquent le même résultat. En revanche, le passé simple brise quant à lui tout lien avec le présent, pour situer ce résultat dans un passé définitivement achevé, ce qui fait de lui le passé narratif par excellence. De sorte que si l’on doit choisir entre ces deux temps, on doit choisir non seulement entre deux styles, mais aussi entre deux contenus informatifs différents.

 

3) Le problème de la double traduction.

Une difficulté bien connue des traducteurs, et dont on a peu conscience en dehors d'eux, est le fait que le texte à traduire est parfois déjà une traduction, pas nécessairement fidèle, et qu'il faut dans la mesure du possible essayer de la dépasser pour remonter à l'original. L'exemple classique est constitué par les Évangiles, qui nous rapportent en grec des propos tenus en araméen et comme les originaux semblent perdus, il en résulte d’interminables querelles d'érudits. De nos jours cependant le phénomène s'est amplifié et se présente sous des formes diverses.

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Published by LinguaSpirit
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